Le secret de la confession est absolu et inviolable

Padre Tremblay

Chaplain’s Corner

Padre Jacques Tremblay

Dans le monde d’aujourd’hui, la recherche d’un lieu confidentiel, permettant aux personnes d’être elles-mêmes et de pouvoir faire la vérité sur leur vie, est d’une grande importance. Existe-t-il une situation où ce que l’on dit ne pourra jamais être révélé, ne sera jamais consigné par écrit, et dont personne ne pourra jamais obtenir l’autorisation d’en savoir le contenu? La réponse est oui.

En août dernier, la chaîne CBC évoquait la question de la confidentialité au sein de l’aumônerie militaire canadienne. Avec une grande sagesse, l’Aumônier Général – le major-général Guy Chapdelaine – rappelait que si les aumôniers sont parfois tenus de divulguer ce qu’on leur a dit, il existe néanmoins une exception, c’est-à-dire un cas où le secret demeure absolu: ce qui a été dit dans le cadre de la confession sacramentelle avec un prêtre catholique ne pourra jamais être divulgué.

Un précepte sacré

Le secret de la confession est l’un des préceptes les plus sacrés qui soient. Aucune personne, aucune loi, aucune puissance humaine ne pourra jamais le modifier. Le Catéchisme de l’Église catholique est très clair à ce sujet: « tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères. Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents. Ce secret, qui n’admet pas d’exceptions, s’appelle le “sceau sacramentel”, car ce que le pénitent a manifesté au prêtre reste “scellé” par le sacrement. »

Au cours d’un congrès ayant pour thème “le sceau de la confession et la confidentialité pastorale” – un événement qui s’est tenu à Rome du 12 au 13 novembre 2014 – le Cardinal Mauro Piacenza rappelait que ‘’le secret de la confession est absolu et inviolable, et ne souffre aucune exception.’’

Au cours de l’histoire

En 2000 ans de christianisme, on n’a jamais entendu dire qu’un prêtre ait trahi le secret de la confession. Et si, par malheur, cela devait se produire, ce prêtre encourerait la peine ecclésiastique la plus sévère qui soit: l’excommunication. La même peine s’appliquerait pour toute personne qui procéderait à l’enregistrement et/ou à la divulgation d’une confession sacramentelle.

Au cours de l’histoire, des prêtres ont préféré la prison, et même la mort, plutôt que de trahir le secret de la confession. Le plus célèbre d’entre eux est saint Jean Nepomucène, un prêtre du 14e siècle qui était le confesseur de la reine Sophie, qui préféra subir le martyre plutôt que de céder aux pressions du roi de Bohême qui voulait savoir si la reine l’avait trahi.

Même récemment, certaines institutions ont essayé de limiter le caractère absolu du secret de la confession. C’est pourquoi, en 2014, le diocèse catholique de Baton Rouge, aux États-Unis, publiait un communiqué afin de faire une mise au point concernant une décision de la Cour Suprême de Louisiane qui affirmait qu’un prêtre pouvait, dans certaines situations, être contraint à témoigner de ce qu’il avait entendu dans le confessionnal. Le diocèse a courageusement rappelé la vérité: « Si nécessaire, le prêtre peut aller jusqu’à un procès au civil et subir une peine d’emprisonnement plutôt que de violer son devoir sacré, de violer le secret de la confession et son devoir à l’égard du pénitent. »

Les bienfaits de la confession

Loin de protéger le crime, le secret de la confession produit les conditions favorables pour qu’une personne puisse reconnaître ses fautes, changer de vie et réparer ses torts. Ultimement, c’est toute la société qui bénéficie des effets positifs que produit la confession chez un individu. C’est pourquoi, tant les Forces armées canadiennes que la société civile ont besoin de ce ministère unique, exceptionnel et absolument confidentiel qu’exerce le prêtre catholique dans le sacrement de la confession.

N’hésitons pas à recourir à la confession. Par ce sacrement, nous pouvons obtenir le pardon de nos fautes, la réconciliation avec Dieu, la paix et la sérénité de la conscience, de même qu’un accroissement de forces pour mener une vie meilleure.

jacques.tremblay4@forces.gc.ca

The Seal of Confession is Absolute and Inviolable

In today’s world, it is extremely important for people to be able to find a confidential place where they can be honest about themselves and speak the truth about their lives. Is there any situation in which what you say can never be revealed, won’t ever be written down and no one can ever be authorized to know? The answer is yes.

In August of this year, CBC News reported on the issue of confidentiality within the Canadian Military Chaplaincy. With great wisdom, the Chaplain General, Major-General Guy Chapdelaine, pointed out that while chaplains are sometimes required to disclose what has been said to them, there is still one exception, that is, cases where secrecy must remain absolute: what has been said in the context of the sacramental confession with a Catholic priest can never be divulged.

A Sacred Precept

The seal of the confessional is one of the most sacred precepts there is. No person, no law, no worldly authority can ever change it. The Catechism of the Catholic Church is very clear on that subject: “every priest who hears confessions is bound under very severe penalties to keep absolute secrecy regarding the sins that his penitents have confessed to him. He can make no use of knowledge that confession gives him about penitents’ lives. This secret, which admits of no exceptions, is called the ‘sacramental seal,’ because what the penitent has made known to the priest remains ‘sealed’ by the sacrament.”

During a conference held in Rome on November 12 and 13, 2014, around the theme of “the confessional seal and pastoral privacy,” Cardinal Mauro Piacenza emphasized that the seal of confession is absolute and inviolable and admits of no exception.

All Through History

In Christianity’s 2000-year history, there has never been a report of a priest betraying the secrecy of the confessional. And in the unfortunate circumstance that it ever does happen, the priest would be subject to the severest of ecclesiastical punishments: excommunication. The same penalty would apply to any person who recorded and/or divulged a sacramental confession.

Throughout history, priests have preferred prison and even death to betraying the seal of confession. The most famous case was that of Saint John of Nepomuk, a priest of the 14th century who was the confessor of Queen Sophia. He preferred to suffer martyrdom than to bow to the pressure of the King of Bohemia, who wanted to know whether the queen had been unfaithful to him.

Even recently, certain institutions have tried to limit the absolute nature of the seal of confession. In 2014, the Catholic diocese of Baton Rouge in the United States released a communiqué to clarify a decision of the Louisiana Supreme Court affirming that a priest could in some situations be compelled to testify about what he had heard in the confessional. The diocese courageously stated the truth: “If necessary, the priest would have to suffer a finding of contempt in a civil court and suffer imprisonment rather than violate his sacred duty and violate the seal of confession and his duty to the penitent.”

Benefits of Confession

Far from protecting crime, the seal of confession creates conditions that enable people to acknowledge their wrongdoing, change their lives around and repair the harm they have done. Ultimately, all of society benefits from the positive effects produced by confession in an individual. Thus, not only the Canadian Armed Forces, but civil society in general needs this unique, exceptional and absolutely confidential ministry exercised by Catholic priests in the sacrament of the confession.

Let us not hesitate to use the confessional. Through the sacrament of confession, we can be pardoned for our sins, achieve reconciliation with God, and gain peace and serenity of conscience. We can be strengthened to lead a better life.