Ministère de délivrance et combat exorciste

Padre Tremblay

Chaplain’s Corner

Padre Jacques Tremblay

Il arrive parfois que des personnes veulent être libérées d’un mal spirituel qui les assaille. En ce domaine, il faut éviter deux excès: voir le diable partout, et ne le voir nulle part. De la prudence et du discernement sont donc requis dans ce genre de situation. Et les aumôniers militaires peuvent être une ressource unique pour accompagner ces personnes en difficulté.

Pas un mythe, mais une réalité

Ce type d’accompagnement correspond à un besoin réel. Le 30 octobre 2014, lors de son homélie, le Pape François disait: “À cette génération, et tant d’autres, on a fait croire que le diable est un mythe, une image, une idée, l’idée du mal. Mais le diable existe et nous devons lutter contre lui.”

En 2015, le porte-parole de l’Association internationale des exorcistes – Valter Cascioli – estimait que “le nombre de personnes qui souffrent de graves dommages sociaux, psychologiques, spirituels et moraux est en constante augmentation, en partie à cause de la diffusion de l’occultisme.”

Ce phénomène n’est aucunement lié à des croyances obsolètes. Le 11 avril 2014, le Pape François affirmait: “Le diable existe. Même au XXIe siècle! Et nous ne devons pas être naïfs! Nous devons apprendre de l’Évangile comment faire pour lutter contre lui.”

De multiples pièges

Le 11 octobre 2013, le Pape François nous mettait en garde: “Ne faisons pas des affaires avec le démon.” En effet, certaines pratiques condamnées par le Catéchisme de l’Église catholique ouvrent la porte aux influences maléfiques: “recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort ‘’dévoiler’’ l’avenir (…), les phénomènes de voyance, le recours aux médiums, les pratiques de magie ou de sorcellerie, le spiritisme…” Certaines de ces pratiques sont parfois même présentées sous forme de jeu.

Le mal peut exercer son influence sur nous de quatre manières. Il y a d’abord la tentation, qui est passagère, que nous expérimentons tous et que nous combattons par la prière. Puis, il y a l’oppression, c’est-à-dire l’action du malin sur les corps et les choses extérieures. Exemples: des bruits dans la nuit, des choses qui bougent, des lumières qui s’éteignent, etc. La bénédiction de nos maisons est un moyen efficace de contrer ce phénomène. Il y a ensuite l’obsession, qui est une influence permanente de l’Ennemi – non pas à l’extérieur mais à l’intérieur des personnes – qui agit sur l’esprit des gens. Les prières de délivrance et le sacrement du pardon sont de bons moyens pour en être délivrée. Il y a enfin, et c’est plus rare, la possession diabolique. Dans ce cas, le grand exorcisme proprement dit s’avère être la solution, et seul un prêtre délégué par son évêque est autorisé à le faire. Dans les autres cas (qui sont plus fréquents) tout prêtre, et même des laïcs dûment formés, sont habilités à faire des prières de délivrance visant à couper les liens avec les influences néfastes.

La délivrance est possible

Selon la foi catholique, en laquelle je crois, c’est uniquement par Jésus-Christ, et avec le secours de la Vierge Marie, que nous pouvons vaincre le mal. Et les moyens préconisés par l’Évangile sont toujours valables, à savoir la foi, la prière et le jeûne. La fréquentation des sacrements et l’usage de l’eau bénite sont aussi très efficaces. Plusieurs outils sont également à la disposition des prêtres pour amener les personnes à la délivrance. Par exemple, la Conférence des évêques catholiques américains a publié en 2017 une version anglaise du rituel de l’exorcisme intitulé ‘’Prayers Against the Powers of Darkness’’. De même, les livres du père Gabriele Amorth, qui fut l’exorciste officiel du Vatican et qui réalisa plus de 160 000 exorcismes au cours de son ministère, peuvent être des outils appropriés.

D’autre part, le personnel médical peut aussi être impliqué dans ce type d’accompagnement. Dans son livre “Exorcismes et pouvoirs des laïcs”, le père Ovila Melançon affirme: “À l’égard des personnes obsédées, le prêtre doit être bon et prudent. Il ne faut pas croire trop vite à une véritable obsession diabolique; il ne doit pas tout attribuer au démon et, au besoin, il devra consulter des médecins.”

Selon une perspective catholique, n’oublions pas cependant que de mener une vie chrétienne est le meilleur moyen de nous protéger contre les attaques de l’Ennemi. Les prières de délivrance et d’exorcisme sont certes importantes, mais elles seront inefficaces si nous ne mettons pas d’ordre dans notre vie, si nous ne nous tournons pas vers Dieu.

jacques.tremblay4@forces.gc.ca

Ministry of deliverance and the exorcist’s battle

Padre Jacques Tremblay

Sometimes people want to be delivered from a spiritual evil that plagues them. In this respect, it is important to avoid two extremes: seeing the Devil everywhere and not seeing him anywhere. Caution and good judgment is required in this type of situation and military chaplains can be a unique resource to support these individuals in crisis.

Not a myth but a reality

This type of support reflects a real need. In his homily of October 30, 2014, Pope Francis said that, to this generation, and so many others “they wanted us to believe ‘that the Devil was a myth, a figure, an idea, the idea of evil.’ However, ‘the Devil exists and we have to fight against him.’”

In 2015, the spokesperson for the International Association of Exorcists, Valter Cascioli, believed that [Translation] “the number of people who suffer serious social, psychological, spiritual and moral harm is constantly growing, in part due to the spread of occultism.”

This phenomenon is in no way related to outdated beliefs. On April 11, 2014, Pope Francis said “The devil also exists in the 21st century, and we need to learn from the Gospel how to battle against him; and we must not be ‘naïve’ about his ways.”

The pitfalls are many

On October 11, 2013, Pope Francis warned us: “Please, let’s not do business with the devil.” In fact, some of the practices condemned by the Catechism of the Catholic Church open the door to malevolent influences: “recourse to Satan or demons, conjuring up the dead or other practices falsely supposed to ‘unveil’ the future (…), the phenomena of clairvoyance, and recourse to mediums, all practices of magic or sorcery, spiritism…” Some of these practices are even presented as a game.

Evil can exert its influence on us in four ways. First, there is temptation, which is temporary and something that we all experience. We can fight against temptation through prayer. Then, there is oppression, which is the Devil’s actions on the body and on external things. Examples are noises in the night, things that move and lights that turn off. One effective way of countering this phenomenon is by having our homes blessed. Then there is obsession, which is the ongoing influence of the Enemy—not outside but within individuals—that acts on people’s minds. Prayers of deliverance and the sacrament of penance are good ways to ensure deliverance. Lastly, and in the rarest cases, is demonic possession. In these cases, a major exorcism is the solution and only a priest who is delegated by his bishop has the authority to do it. In other cases (that are more common), any priest, and even lay persons who are properly trained, have the authority to conduct prayers of deliverance in order to cut ties with evil influences.

Deliverance is possible

According to the Catholic faith, in which I believe, it is only through Jesus Christ, and with the assistance of the Virgin Mary, that we can conquer evil. The ways advocated by the Gospel to do so are still valid: faith, prayer and fasting. Participation in the sacraments and the use of holy water are also very effective. Priests also have access to several tools to guide people towards deliverance. For example, in 2017 the United States Conference of Catholic Bishops published an English version of the exorcism ritual entitled Prayers Against the Powers of Darkness. The books by Father Gabriele Amorth, who was the Vatican’s official exorcist and who conducted over 160,000 exorcisms during his ministry, may also be appropriate tools.

Moreover, medical professionals can be involved in this type of support. In his book [Translation] “Exorcisms and the power of lay people,” Father Ovila Melançon states that [Translation] “With respect to people who are experiencing obsession, the priest must show kindness and prudency. He should not be quick to believe that it is a true diabolic obsession. He must not attribute everything to the Devil and he should consult medical professionals as needed.”

However, from a Catholic perspective, we should not forget that leading a Christian life is the best way to protect against the attacks of the Enemy. Prayers of deliverance and exorcisms are of course important but they will not be effective if we do not put order in our lives and if we fail to turn towards God.