Photo d’archive
Presque chaque jour, je regarde les nouvelles du matin à CBC. C’est surtout parce que je n’ai pas grand-chose de mieux à faire et que j’aime bien entamer la journée avec une bonne dose de déprime. Et puis, évidemment, il y a le bulletin de météo toujours décevant. Ces temps-ci, il n’a rien de bon à annoncer : neige, pluie verglaçante,
encore plus de neige; des températures qui font plus de pirouettes qu’une troupe d’acrobates du Cirque du Soleil.
Si la morosité ne s’est pas déjà emparée de moi après avoir suivi la dernière litanie de la misère et du malheur dans le monde, c’est réussi après le bulletin météo. Voyons, c’est quoi ces températures? À pareille date l’an dernier, j’étais assis sur ma terrasse, en plein soleil, avec une bière à la main. Mais là? Ce n’est pas demain la veille.
Le printemps est là, n’est-ce pas? C’est bien écrit sur le calendrier, après tout. Et oui, les jours rallongent (alléluia), le soleil réussit enfin à tiédir vaguement l’air, et on a eu droit au fameux Déroule‑le‑Rebord, un signe infaillible que le printemps est arrivé (bien plus fiable que les oiseaux, jonquilles et courageux en shorts‑et‑gougounes
qui semblent persuadés qu’ils peuvent invoquer la belle saison à coups d’entêtement vestimentaire). Donc voilà, le printemps est arrivé. Enfin… apparemment. C’est ce qu’on nous dit, en tout cas.
Mais quand on s’attend à un peu de douceur une fin de semaine de mars (comme l’an passé) pour enfin s’asseoir sur sa terrasse, ou vider le garage (oui, oui, je sais, c’est pathétique, c’est sur ma liste de choses à faire) ou simplement respirer profondément sans se brûler les poumons avec un air digne de l’Arctique, eh bien… c’est franchement décevant.
Comme le groupe The Monkees le chantait dans I am believer (pièce repopularisée par Smash Mouth dans un film de Shrek) : j’y crois, mais la déception me guette tout le temps. La déception, c’est un peu comme un bout de tapis mal collé ou une marche d’escalier qui branle : elle reste là, sournoisement, à attendre son moment (la vile créature). Et vous arrivez tout bonnement, en sifflotant un air connu,
et BOUM! Vous voilà les quatre fers en l’air, victime de la fatalité. Que s’est-il passé? Pourquoi est-ce arrivé? Qu’avez-vous fait pour mériter ce terrible coup du destin? Eh bien, souvent, la réponse est « rien ». Vous n’avez rien fait. Vous n’avez pas été inscrit sur la liste noire du destin pour une faute mystérieuse ou un péché oublié. C’est tout simplement comme ça.
Jésus aurait déjà répondu à une question semblable de ses disciples. En voyant un homme aveugle, ils lui auraient demandé ce que cet homme ou ses parents auraient bien pu faire pour qu’il vienne au monde comme ça. Jésus aurait répondu quelque chose comme ceci (je paraphrase) : « Si vous avez choisi la colonne A, vous vous trompez. Et si vous avez choisi la colonne B, vous vous trompez aussi. Ce n’est pas le destin. Ce n’est pas le karma. Ce n’est pas une punition cosmique. C’est la vie. »
Plus tard, il aurait dit que, dans chaque existence, viennent des jours de pluie. Ah non. Attendez, c’est quelqu’un d’autre qui parlait de pluie. Mais il aurait quand même dit quelque chose de très proche : « Dans cette vie, vous aurez à souffrir. » Et il avait bien raison. Et je ne parle même pas des caprices de la météo. Plutôt, les soucis financiers, les problèmes de santé ou pire, un mariage qui s’effrite, une affectation au milieu de nulle part… et tous les événements tristes qui ponctuent la plupart de nos vies (je ne suis pas jojo, je sais!).
La vie nous lance des balles courbes, et parfois, elle nous vise en plein front. Oui, il arrive parfois que nous soyons responsables de nos malheurs, mais, pas toujours. Et au fond, ce n’est même pas une question de savoir pourquoi on se retrouve face à une déception ou une crise. Ce qui compte vraiment, c’est savoir comme se relever avec brio. Parce que, vous savez, la vie va vous mettre à rude épreuve. C’est ça la vie. Mais vous n’êtes pas seul. Parlez à quelqu’un : votre meilleur ami, votre partenaire, un intervenant social, et, en dernier recours désespéré, un aumônier (je plaisante… un peu).
Nous sommes là pour vous épauler.






