The Courier

Réflexions de l’aumônier: Cultiver un mariage

par | Mai 14, 2025 | Nouvelles en vedette, Nouvelles locales

Image d’archive

Ma femme est à Edmonton pour le travail pour une autre semaine. La plupart du temps, elle travaille à distance pour un cabinet comptable, mais pendant la haute saison (les impôts), elle reste là-bas pendant une semaine. Le mois dernier, elle y est restée DEUX semaines!  Et encore une fois, je suis livré à moi-même.

Padre (Major) Howard Rittenhouse – Photo d’archives

Avant ce travail, elle faisait partie d’un groupe de femmes protestantes à la chapelle et assistait à leur rassemblement annuel. Une tradition s’est instaurée : chaque soir, j’écrivais quelque chose sur Facebook pour la divertir, elle et ses amies (et pour permettre aux autres de s’interroger sur ma santé mentale). Voici un exemple (qui reflète toujours mes sentiments lorsqu’elle est absente) :  

Une fois de plus, Dana a choisi d’abandonner sa famille pour la retraite annuelle de la guilde protestante. Et bien qu’elle ne soit qu’à quelques kilomètres de chez nous, à St. Albert, nous sommes désespérés, perdus, démunis, inconsolables et j’en passe. Mais surtout, nous avons faim. Tellement faim. Il y a des tas de boîtes de conserve dans la maison, mais que contiennent-elles? Elles sont comme le tombeau de Toutânkhamon avant Carter : cachées, mystérieuses, énigmatiques. Elle n’est absente que pour quelques jours; la famine n’est donc qu’une crainte modérée. Mais les tambours de la famine se font entendre. Des tambours, des tambours dans les profondeurs. Nous ne pouvons pas sortir. Une ombre se déplace dans l’obscurité. Nous ne pouvons pas sortir. Cette ombre approche…

En général, ces articles (comme vous l’avez peut-être deviné) portaient sur mon incapacité totale à cuisiner ou à m’occuper de mes fils (nous n’en avons qu’un à la maison maintenant et c’est un troglodyte que l’on voit rarement et qui cuisine/réchauffe ses plats au micro-ondes). Cela lui procurait alors, et lui procure toujours, un immense plaisir de sentir que je suis perdu sans elle, un peu comme un débris emporté par les vagues de la vie sans son ancrage, un simple insecte sur le pare-brise de l’univers. En fait, elle ne pense pas du tout que je suis incompétent (du moins, c’est ce que je crois), mais je n’ai jamais été ni prétendu être un cuisinier particulièrement doué (je n’arrive même pas à la cheville de l’inepte nettoyeur de marmites au resto du coin). Je peux mettre une pizza congelée dans le four. Je peux réchauffer les restes!  Mais cela lui donne le sentiment d’être utile et de me manquer quand j’écris ces articles.

Et c’est vrai. Je sais que c’est cliché, c’est quétaine, mais c’est vrai!

Je le sais — car elle me l’a dit — que je lui ai presque autant manqué (soyons réalistes) quand j’étais en déploiement en Afghanistan. Je ne lui manquais pas beaucoup lorsque je participais à des exercices ou lorsque j’étais en ST. En fait, elle anticipe vivement mes départs et elle est plutôt triste qu’ils se produisent moins souvent. Et oui, c’est un peu démoralisant d’entendre sa femme dire « Tu repars bientôt? » avec la même impatience qu’un enfant qui attend Noël. Mais je sais que je lui manque. (Non??)

Cependant, quand je suis absent, je n’ai aucune inquiétude au sujet de la maison, des enfants, de l’hypothèque, des finances, du chat ou des voitures. J’ai entièrement confiance en ses capacités. Et croyez-moi, pour avoir entendu le contraire de la part de militaires au sujet de leur conjoint(e), je sais à quel point c’est une bénédiction.

Mais pour en arriver à un stade où les deux conjoints ont confiance l’un en l’autre, il faut du temps, des efforts et de la ténacité. Le mariage, comme toute relation intime, n’est pas facile (demandez à ma femme). Mais c’est la relation la plus importante que nous aurons dans notre vie. Et cela vaut la peine de faire les efforts nécessaires pour qu’elle ne soit pas simplement là, comme un pot de fleurs en plastique, mais qu’elle s’épanouisse comme un jardin.

Je suis marié depuis plus de 35 ans (je ne veux aucun commentaire sur mon âge), et si je peux contribuer à une telle réussite (sans vouloir me vanter), tout le monde peut le faire!    

(Mais c’est surtout grâce à ma femme).

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