Une exposition récemment terminée aux musées de Cold Lake a offert aux visiteurs un aperçu de l’évolution du conditionnement physique, des sports et des loisirs dans les Forces armées canadiennes (FAC) et, pour une membre locale du programme de soutien au personnel (PSP), il s’agissait du reflet personnel d’une carrière de plus de quatre décennies de service en uniforme et comme employée civile.
Josey Yearley, monitrice occasionnelle de conditionnement physique et de sports à la base des Forces canadiennes (BFC) de Cold Lake et ancienne monitrice d’éducation physique et de loisirs (MEPL), affirme que de voir le métier représenté dans un environnement muséal est une expérience à la fois significative et empreinte d’une certaine humilité.
« Je suis ravie de voir cette partie importante de l’histoire militaire reflétée dans notre musée local! Et je me sens vieille », dit-elle en riant.
Mme Yearley a servi dans les Forces armées canadiennes de mai 1979 à mai 1998, soit 19 années de service avant que son rôle soit transféré au sein du groupe professionnel de MEPL. Elle souligne que son lien avec le métier ne s’est pas arrêté là.
Ma libération du service est le résultat de la civilarisation de notre fonction. Donc, essentiellement, je viens de retirer mon uniforme, mais j’ai continué à faire le même travail qu’un civil. Ma période de « service » (en uniforme et à titre d’employée des fonds non publics [FNP]) s’étend en fait sur 42 ans! (1979-2021), explique-t-elle.
Le métier de moniteur d’éducation physique et de loisirs (MEPL) était représenté par un groupe dévoué de professionnels du conditionnement physique et des loisirs des Forces armées canadiennes. Il a été créé officiellement le 5 décembre 1980. Avant le regroupement du métier, chaque branche des forces armées avait ses propres moniteurs chargés de garder les militaires en bonne condition physique, d’offrir des programmes sportifs et d’organiser des activités récréatives. Au fil du temps, ces rôles ont été regroupés en un seul groupe professionnel afin de mieux soutenir l’entraînement, le moral et le bien-être global dans l’ensemble des FAC.
À l’origine formée comme technicienne en moteurs d’aéronef, Mme Yearley a déclaré que son passage au métier de MEPL découlait d’un désir de changement et d’un fort lien personnel avec le conditionnement physique.
« Je cherchais un changement de milieu (et non une nouvelle occupation) et plutôt que de quitter complètement l’armée, on m’a encouragée à envisager un reclassement dans le métier de MEPL, car (pour citer mes amis et l’officier de sélection du personnel) je vis au gym de toute façon », dit-elle.
Son expérience en tant que MEPL reflétait la nature vaste et variée du rôle, particulièrement pendant son affectation à la BFC Penhold.
« En fait, ce que j’ai aimé le plus de ma première (et seule) affectation à titre de MEPL… est qu’il n’y avait pas « deux journées pareilles »! J’ai été affectée à Penhold (une petite base), alors nous avions un personnel très réduit (seulement quatre personnes) qui s’occupait du service de conditionnement physique, des sports et des loisirs », dit-elle.
« C’est ce que j’ai aimé le plus… c’est la variété, car pour moi, c’est ce qui rend la vie palpitante! »
Son travail allait de l’enseignement du conditionnement physique et des leçons de natation à la programmation sportive, en passant par l’entretien des installations et la coordination d’événements à grande échelle. Mais pour Mme Yearley, la partie la plus importante du travail a toujours été les gens.
« Ce qui compte vraiment pour moi, ce sont les gens (et les expériences que nous avons partagées), qui sont mes souvenirs préférés. C’était particulièrement gratifiant de partager les succès des autres », a-t-elle dit.
Elle s’est souvenue d’un moment en particulier au cours duquel un membre a eu de la difficulté à se soumettre à un test de condition physique, mais a ensuite atteint un succès personnel important en musculation.
« Rien ne m’a rendue plus heureuse que d’être dans la foule et de l’encourager! »
Mme Yearley a également décrit des possibilités d’enseignement uniques, notamment une formation de ski à la garnison de Calgary, à Silver Star (Colombie-Britannique), qui lui a donné un aperçu des différents environnements et diverses cultures militaires.
« Je n’ai jamais été affectée à une base de l’armée, alors cette expérience de la culture de l’armée a été très éclairante pour moi (et il faut dire que le ski alpin est toujours génial!) », dit-elle.
Lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle pensait du travail en conditionnement physique militaire à cette époque, elle a décrit l’expérience comme étant à la fois stimulante et enrichissante.
« En un mot… intéressant! Je dois admettre que c’était parfois difficile, mais je n’ai jamais hésité à relever un défi, et cela a été tout aussi gratifiant. »
Bien que le métier de MEPL soit maintenant chose du passé, l’objectif de base est demeuré le même, déclare-t-elle.
« Les aspects les plus importants du conditionnement physique dans un contexte militaire demeurent inchangés… le leadership par l’exemple, le professionnalisme, l’enthousiasme pour tout ce que l’on fait et la poursuite inébranlable de l’excellence! »
En repensant à la transition qui a mené à l’abandon du métier de MEPL, elle a reconnu que c’était une période difficile pour de nombreuses personnes.
« Honnêtement, je crois que c’était assez difficile pour toutes les personnes concernées », a-t-elle dit en faisant remarquer que souvent, la tradition militaire et le changement organisationnel ne s’harmonisent pas facilement.
Néanmoins, sa fierté à l’égard de l’impact du poste demeure enracinée dans les personnes qu’elle a soutenues tout au long de sa carrière.
« J’essaie de m’éloigner de l’orgueil et de me diriger vers la joie, et ce qui me procure le plus de joie lorsque je réfléchis à mon expérience en tant que MEPL, ce sont les personnes que j’ai aidées à cheminer vers un mode de vie plus sain et plus actif », a-t-elle dit.
Cette philosophie continue de la guider aujourd’hui.
« Dans la vie en général (tant au travail que dans mes temps libres), j’applique toujours la devise du MEPL… « Mens Sana in Corpore Sano » (un esprit sain dans un corps sain).
Pour Mme Yearley, l’exposition des musées de Cold Lake est plus qu’un événement sur l’histoire, elle rappelle l’importance durable du conditionnement physique au sein des forces armées.
« J’espère que cette exposition souligne clairement l’importance du conditionnement physique, du sport et des loisirs dans un contexte militaire, en démontrant que, même si les moyens d’évaluation et de prestation peuvent changer et évoluer, leur pertinence est intemporelle et immuable. »
Les MEPL au Musée de Cold Lake
« C’était une tradition pour les MEPL d’envoyer des cartes de Noël chaque année. Voici la carte que nous (le personnel MEPL de la 5e Escadre Goose Bay, mon dernier lieu d’affectation militaire) avons envoyée aux gymnases des FAC, quelques mois seulement avant la dissolution définitive du métier.
Les MEPL au Musée de Cold Lake
Une exposition mettant en valeur la condition physique dans les Forces armées canadiennes et le rôle du métier d’instructeur en éducation physique et loisirs (MEPL) au Musée de Cold Lake. — Photo par Mike Marshall
Les MEPL au Musée de Cold Lake
Une exposition mettant en valeur la condition physique dans les Forces armées canadiennes et le rôle du métier d’instructeur en éducation physique et loisirs (MEPL) au Musée de Cold Lake. — Photo par Mike Marshall
Les MEPL au Musée de Cold Lake
« De gauche à droite : le Cpl Bill Randsom, notre sergent-chef MEPL principal George Ratti, le Cpl Brian Snutch et moi-même (à l’époque, la Cplc Josey Yearley, née Proctor) à Penhold. »




