Photo d’archive
Il y a de cela bien longtemps, il y avait autrefois ce qu’on appelait « Déroule le rebord » chez Tim Hortons. Vous vous en souvenez peut-être? …Non? Bon. Alors ne perdez pas votre temps à poursuivre votre lecture, parce que c’est le point central de mon histoire. Ah et puis faites comme vous voulez.
Un instant. Je viens d’apprendre (lorsque j’ai acheté mon café) que le concours revenait! Ah, quelle joie inespérée! Depuis de nombreuses années, je participe à cette torture annuelle qui coïncide avec le carême. Le carême, c’est une célébration chrétienne où on renonce à quelque chose, comme au chocolat ou à gagner des cafés gratuits, pendant quelques semaines avant Pâques.
Je parle de torture puisque mes résultats sont catastrophiques. Certains récoltaient des cafés gratuits régulièrement. Moi, fidèle adepte, je n’ai absolument jamais rien gagné. Zéro. Nada. Bupkis. Mais comme je l’ai indiqué, c’était le carême, alors on pourrait dire que je pratiquais la maîtrise de soi ou la patience. Je préfère croire qu’on m’offrait la possibilité de cultiver une autre belle vertu : l’espoir. L’espoir, cette vertu que je nourris presque autant que les Maple Leafs espèrent connaître la victoire, que les habitants de Cold Lake espèrent en être aux derniers relents de l’hiver, que Lindsay Lohan espère remporter un Oscar, que Nickleback espère produire de la bonne musique, que… Vous comprenez le concept. Chaque année, je tente ma chance (en oubliant mes expériences du passé, amères, amères expériences) et je déroule le rebord chez Tim Hortons (tous droits réservés).
La dernière fois que je me souviens d’avoir « apprécié » dérouler le rebord, j’ai interrompu une série de défaites aussi tenace que mon ver solitaire, Phil. Cette année-là (je m’en souviens bien, ou presque), j’étais en réalité bien au-dessus des probabilités annoncées de 1 gagnant sur 6 : j’avais été gagnant — attention — 6 fois sur 26 (ou quelque chose comme ça — l’exactitude est un autre concept dont je n’ai que vaguement connaissance).
Dans ce cas, pourquoi m’acharner? Pourquoi ne pas jeter l’éponge comme les Leafs chaque année et aller jouer au golf? Pourquoi ne pas accepter ma défaite, comme la France en 1940, et siroter du vin tranquillement dans un café? Pourquoi ne pas simplement acheter un café chez McDonald’s et en avoir un gratuit après le septième?!
Je vais vous le dire! Je n’ai pas abandonné pour la même raison que les Leafs reviennent chaque année et y mettent tout leur cœur (j’imagine); pour la même raison que les Français ont essayé de renverser le gouvernement de Vichy et le mastodonte nazi; pour la même raison que je n’achète pas mon café chez McDonald’s et que je continue d’aller chez Tim Hortons. En un mot : l’espoir.
L’espoir en motive plus d’un à déjouer les probabilités — comme en achetant un café jour après jour au Tim Hortons dans l’espoir de remporter un simple café gratuit seulement pour dérouler le rebord et lire l’agaçante phrase « Réessayer s.v.p. ». Oui, réessayez s’il vous plaît, allez-y, vous gagnerez cette fois-ci, assurément. Comme Charlie Brown, qui fait fi de son expérience en croyant que, CETTE fois, il réussira à botter ce ballon de football, seulement pour que Lucy le retire à la dernière minute. Oui, c’est un peu masochiste. Mais fermement jumelé à l’espoir se trouve plus qu’un incroyable entêtement.
Parfois, c’est ce que ça prend pour persévérer : l’espoir et une bonne dose d’acharnement obstiné. Quand la vie vous retire le ballon à la dernière minute, quand vous déroulez le rebord proverbial et le message « Réessayer s.v.p. » vous regarde de travers, espérez. Persévérez — avec entêtement, obstination et un espoir sans borne. Peu importe le défi, peu importe le ballon retiré à la dernière minute — santé, problèmes financiers, affectations et communications avec BGRS — peu importe le fardeau que vous avez à porter, persévérez, gardez espoir et tentez obstinément votre chance.
Comme l’a dit l’essayiste Alexander Pope : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. » Regardez-moi : je suis un paradoxe vivant! Cette année, ce sera la bonne! (Enfin, j’espère.)






